CPF 2025 : le bilan de compétences, un réflexe qui s’installe en Nouvelle-Aquitaine
Chaque année, le Medef et la Caisse des Dépôts publient un état des lieux détaillé des usages du Compte Personnel de Formation (CPF) par les salariés, région par région. L’édition 2025 confirme une tendance qui nous concerne directement chez Phénix Coaching : le bilan de compétences s’impose comme l’un des tout premiers usages du CPF, en France comme en Nouvelle-Aquitaine.
Un CPF toujours mobilisé, malgré un budget resserré
Le compte personnel de formation reste un outil massivement utilisé par les salariés français. En 2025, près de 589 000 dossiers ont été validés au niveau national, pour un coût pédagogique global proche de 1,13 milliard d’euros — soit un coût moyen de 1 917 € par formation. Ces chiffres témoignent d’un dispositif toujours vivant, même si le contexte a changé : encadrement réglementaire renforcé, participation obligatoire du salarié, budgets en baisse depuis deux ans. Le CPF reste malgré tout un investissement collectif majeur, de l’ordre de 1,5 milliard d’euros par an tous financeurs confondus.
Sur l’ensemble des dossiers validés en France, trois usages dominent largement :
- 25 % concernent le permis de conduire catégorie B
- 10 % concernent un bilan de compétences
- 9 % concernent une formation en anglais
Le bilan de compétences arrive ainsi en deuxième position des usages du CPF au niveau national, juste derrière le permis de conduire — une place qui n’a rien d’anodin pour les professionnels de l’accompagnement que nous sommes.
En Nouvelle-Aquitaine, le bilan de compétences pèse encore plus lourd
Les données régionales confirment et amplifient cette tendance nationale. En 2025, la Nouvelle-Aquitaine compte 2,27 millions de salariés, pour 41 474 dossiers CPF validés — un volume en recul de 16,8 % par rapport à 2024, avec un taux de recours régional de 1,7 %, légèrement en retrait par rapport à la moyenne nationale de 2,0 % (la région se classe 10ᵉ sur 18).
Mais dans ce contexte de repli global, le bilan de compétences résiste particulièrement bien. Il représente 15 % des dossiers validés en Nouvelle-Aquitaine, contre 10 % au niveau national — ce qui en fait le deuxième usage le plus fréquent du CPF dans la région, juste après la conduite automobile (19 %), et devant l’anglais (10 %). Avec 6 336 dossiers validés, le bilan de compétences pèse à lui seul près de 12,8 millions d’euros de coûts pédagogiques dans la région, pour un coût moyen de 2 019 € et une durée moyenne de 21 heures.
Autre signal intéressant : les employeurs eux-mêmes s’impliquent dans ce type de démarche. Parmi les dossiers cofinancés par des dotations employeurs en Nouvelle-Aquitaine, l’accompagnement VAE (validation des acquis de l’expérience) figure en bonne place, aux côtés de certifications linguistiques — preuve que les entreprises de la région investissent aussi dans l’évolution professionnelle de leurs salariés, au-delà de la seule initiative individuelle.
Qui sont ces salariés qui font le choix du bilan de compétences ?
Les profils détaillés de la fiche régionale donnent un éclairage utile sur les publics qui mobilisent leur CPF en Nouvelle-Aquitaine :
- Âge : les 26-45 ans sont les plus représentés (30 % pour les 26-35 ans, 27 % pour les 36-45 ans), une tranche de vie où les questions de réorientation, d’évolution ou de reconversion se posent naturellement.
- Genre : une parité quasi parfaite, avec 51 % de femmes et 49 % d’hommes.
- Catégorie socioprofessionnelle : les employés (31,1 %) et les ouvriers (23,1 %) sont les plus nombreux à mobiliser leur CPF, suivis des cadres (18,3 %).
- Niveau de diplôme : des profils très divers, du CAP/BEP (20 %) au Bac+5 et plus (15 %), ce qui confirme que la démarche de bilan de compétences ne concerne pas seulement les cadres, mais bien l’ensemble des actifs, quel que soit leur parcours initial.
Ce constat rejoint ce que nous observons chaque jour dans notre pratique : le besoin de faire le point sur son parcours, de clarifier un projet professionnel ou d’envisager une reconversion touche tous les profils, à tous les âges de la vie active.
Ce que ces chiffres nous disent, en tant qu’accompagnateurs
Trois enseignements nous semblent particulièrement utiles à partager avec nos clients — salariés comme entreprises :
1. Le bilan de compétences est un usage CPF reconnu et légitime. Loin d’être une démarche marginale, il s’agit du deuxième usage du dispositif en Nouvelle-Aquitaine. Les salariés qui l’envisagent s’inscrivent dans une pratique déjà largement partagée.
2. La co-construction avec l’employeur a du sens. Le Medef insiste sur ce point dans sa communication nationale, et les données régionales le confirment : les entreprises qui accompagnent financièrement les démarches de leurs salariés (dotations volontaires, abondements) créent un cercle vertueux, à la fois pour la fidélisation des talents et pour l’anticipation des besoins en compétences.
3. Le bilan de compétences reste un temps d’investissement conséquent. Avec une durée moyenne de 21 heures et un coût moyen de plus de 2 000 € en Nouvelle-Aquitaine, c’est une démarche qui mérite d’être bien préparée et bien accompagnée, pour que chaque heure investie serve réellement le projet professionnel du bénéficiaire.
Chez Phénix Coaching, nous accompagnons chaque année des salariés et des entreprises de Nouvelle-Aquitaine dans leurs démarches de bilan de compétences, de bilan d’orientation scolaire et de recrutement. Ces chiffres confirment ce que nous constatons sur le terrain : faire le point sur son parcours n’est plus une démarche isolée, c’est un réflexe professionnel de plus en plus partagé.
Vous vous interrogez sur votre évolution professionnelle, ou vous souhaitez accompagner vos équipes dans cette démarche ? Contactez-nous pour en discuter.
Source : Medef / Caisse des Dépôts — « Les usages du CPF par les salariés en région », fiche Nouvelle-Aquitaine 2025, et fiche nationale 2025 (données SI-CPF, DSN, Insee).
